Format environ 30 x 34 cm.
Aquarelle, gouache acrylique, marqueurs acrylique.
L’origine de cette toile peut paraître futile, une blague de swiftie (fan de Taylor Swift) à propos des anges et démons qu’on porte sur nos épaules, mais cette plaisanterie a fait écho chez moi. Alors que l’image de l’ange et du démon sur les épaules habituellement représentent les influences bonnes et mauvaises des choix faits par le cerveau humain, la modification faite ici exprime autre chose. Grâce à elle, j’ai pu mettre en image un concept qui venait de faire son entrée dans ma vie : les phases hautes et les phases basses.
Dans ma pratique, j’ai déjà beaucoup exploré les phases basses, bon nombre de mes personnages sont tristes, et j’ai fait mon dossier de Terminale sur le Deuil. Mais à l’époque, je pensais que ces phases basses, qui ne cessaient de revenir malgré toutes les approches thérapeutiques suivies, étaient un coup de malchance. Jusqu’au jour où je me suis rendu compte que ma dépression n’était pas une épée de Damoclès au-dessus de ma tête qui ne cessait de frapper mais la pile d’une pièce dont je n’avais pas reconnu la face.
En réalité, ces dépressions font partie d’une une balance qui bascule, si on ne la verrouille pas, de l’exaltation à la tristesse. Concept étonnant, celui de l’hypomanie et sa grande sœur la manie, la possibilité d’aller trop bien. Tout s’est bousculé dans ma tête une fois ce concept mis en parallèle avec mes expériences, et ma vie a commencé à prendre une teinte différente. Quand quelque chose se passe dans ma vie, j’en fais une oeuvre, et je n’avais pas encore trouvé ce qui me permettrait de transposer ma découverte sur ce de quoi je suis faite.
”You make me so happy it turns back to sad” chante Taylor Swift dans “Gorgeous”. La bascule accumule de l’énergie dans la phase haute qu’elle renvoie pour faire pencher ensuite tout aussi fort du côté de la phase basse. Et puis, là, la publication de thegratefulpoet, l’idée d’une showgirl et d’une poète torturée qui contrôlent tour à tour la personne entre les deux : la funambule.
Il fallait maintenant trouver la représentation graphique qui irait avec le concept. D’abord, la funambule. J’ai souhaité la représenter dans un état de transe, à la merci des deux figures. Son visage serein et baigné dans la lumière doit signifier l’espoir de se sentir complète, même quand son identité-même est un jeu d’équilibre. Petit détail caché dans la réalisation finale : elle porte bien un t-shirt inscrit “Taylor”.
La poète torturée et la showgirl ont des tenues sorties tout droit de l’univers de Taylor Swift, c’est-à-dire pour l’une la tenue de scène du set The Tortured Poets Department pendant le Eras Tour, et pour l’autre un mix des tenues utilisées dans les contenus promotionnels de The Life Of A Showgirl. Chacune a des attributs propres à leur univers, comme des figures mythologiques. Mais surtout, il n’y en a pas une bonne et l’autre mauvaise. Peut-être qu’elles sont toutes les deux mauvaises, mais peut-être aussi qu’il faut les accepter dans leur entièreté comme des façons différentes de ressentir la vie.
J’essaierai toujours de rester sur le fil sans basculer, mais si jamais je n’y arrive pas, au moins, je sais qu’il peut en sortir quelque chose de joli.
Un bout de Georgic
Reflets pailletés
La poète et la showgirl avant leur découpe
Le portrait sans artifices
Dans l’atelier après l’étape de l’aquarelle
Croquis préparatoires
Croquis définitif sur la toile
Vignettes de test de couleurs
L'inspiration qui a fait germer l'idée de la toile